Exemples de démonstration : √2 est irrationnel
Un même résultat, quatre démonstrations : par la parité, par une fraction plus simple, par la décomposition en facteurs premiers, et par une suite de nombres trop petits.
Illustre : Raisonnement par l'absurde.
Supposons que 2 = pq avec p et q premiers entre eux. En élevant au carré, on obtient p2q2 = 2, soit p2 = 2q2 : p2 est un nombre pair.
Comme le carré d'un nombre impair est impair, p est pair : il existe un entier k tel que p = 2k. Donc p2 = 4k2, d'où q2 = 2k2.
Avec le même raisonnement, q est pair : p et q ne sont pas premiers entre eux, ce qui contredit l'hypothèse.
Supposons que 2 = pq avec p ∈ ℕ*, q ∈ ℕ*, et q le plus petit possible. Alors on a :
On sait que 1 < 2 < 2, donc 1 < pq < 2, soit q < p < 2q et 0 < p − q < q. On a donc écrit 2 comme une fraction d'entiers dont le dénominateur p − q est strictement plus petit que q : c'est la contradiction.
On utilise le théorème fondamental de l'arithmétique. Supposons que 2 = pq avec p et q entiers naturels non nuls. On a alors 2q2 = p2, comme dans la première démonstration.
Dans la décomposition de p2 en produit de nombres premiers, tous les exposants sont pairs, alors que dans celle de 2q2 l'exposant de 2 est impair. C'est une contradiction, car 2q2 et p2 n'ont pas la même décomposition.
Pour i ∈ ℕ*, on considère εi = (2 − 1)i. Comme 0 < 2 − 1 < 12, on a 0 < εi < 12i pour tout entier i non nul.
Par récurrence sur i, il existe des entiers relatifs ai et bi tels que εi = ai + bi2 :
Initialisation : ε1 = −1 + 12, donc la propriété est vraie au rang 1.
Hérédité : si εi = ai + bi2 avec ai et bi entiers, alors
et 2bi − ai, ai − bi sont des entiers, car ℤ est stable par addition et soustraction.
Supposons que 2 = pq avec p et q entiers naturels non nuls. Alors εi = ai + bipq, qui s'écrit Aiq avec Ai entier ; comme εi est strictement positif, Ai ≥ 1. Donc 1q < 12i, i.e. 2i < q, pour tout entier i non nul.
Résultats utilisés¶
Tout nombre entier supérieur ou égal à 2 s'écrit comme produit de nombres premiers, et cette factorisation est unique à l'ordre près des facteurs.
L'existence est démontrée par récurrence forte. L'unicité est admise pour l'instant.
Chacune des démonstrations de l'irrationalité de √2 s'adapte :
la première, telle quelle, pour tous les nombres pairs qui ne sont pas des multiples de 4 ;
la deuxième, avec k = ⌊n⌋ : si n = pq, on considère nq − kpp − kq = n, et 0 < p − kq < q ;
la troisième, sans changement : un exposant de la décomposition de n est impair ;
la quatrième, avec k = ⌊n⌋ et εi = (n − k)i, qui s'écrit ai + bin.